Peau verte et yeux incandescents Je vis au-delà d'un rideau de torrent Ailes puissantes et naseaux brûlants Je suis le dernier des dragons volants Je me suis posé près de ta fenêtre une nuit D'un battement d'aile souple et sans bruit Dans tes bras, mon museau j'ai enfoui Sous la lune, dans mes yeux la tristesse a lui Adieu, à jamais, jeune princesse J'étais le gardien de ta forteresse Je garderai à jamais, petite fille aux tresses Le doux souvenir de ta gentillesse Te rappelles-tu nos jeux de saute-nuage Toi sur mon dos, nous contemplions les villages Sous la voûte étoilée, nous jouions aux rois mages Et la magie de ta harpe que reflétait ton visage En ce pays, les dragons n'ont plus leur place Sur les rocs de la haine, l'onirisme se fracasse Aveuglés d'ignorance les adultes nous chassent Tant de violence, les tarasques s'effacent Alors je vais m'envoler vers la contrée d'Onirie Là où courent dans les prairies fleuries Mes amies, les blanches licornes jolies Sans peur du feu et des griffes d'un dragon meurtri Ô fillette, sur tes joues perlent, douloureuses comme des lames Des gouttes de tristesse, mais un jour sur ton oriflamme Figurera un dragon qui jamais ne cracha les flammes De l'Enfer et ton cœur sera l'asile de mon âme Lézard ailé légendaire de contes d'enfants Tu déployas tes ailes et rejoignis le firmament Ultime survivant d'un moyen âge finissant Tu vis sur les armoiries et les scintillements d'Aldébaran