Ma tendre et douce amie, voyez que le temps presse
ô fidèle, ô ma mie, respect à votre écoute
Qui jamais n'a failli et même s'il me coûte
Elle est là et jaillit, la voilà qui m'oppresse
Que votre main m'est chère à cet instant funeste
Caressez là ma chair, détaillez simplement
Tout ce qu'il vous plaira car l'appétit ne ment
Devant ces apparats qui sont ce qu'il me reste
Votre intérêt m'est tel un printemps attardé
Étalant solennel ses couleurs quoique sombres
Dans ce soulagement, de votre cocon d'ombre
Je glisse sagement, nous n'allons plus tarder
Et courant sur mon front, vos ongles à leur ouvrage
Enfonce leur affront, le dernier, le meilleur
Car je vous sais douée, artiste et empailleur
Je rêve à me vouer à vos puissants ravages
Mais lasse que je suis, je n'ai point eu l'idée
Dans tout ce que je fuis de vous y inviter
A ce banquet trop froid, je me vois persister
Puisque mon coeur se bat, sauriez vous bien m'aider ?