D'une intrigue complexe, aux fils multiples et savamment mêlés qui, à un moment ou à un autre, finissent par se nouer, émergent au premier plan quelques figures, lesquelles s'évanouissent parfois, à peine apparues, expédiées à coups de revolver dans un monde qu'on dit meilleur. Soit donc trois hommes aux mines patibulaires, couverts de longs cache-poussière, étranges voyageurs dans une gare isolée ; Mc Bain, un fermier irlandais et ses trois enfants, attendant la jeune femme qui remplacera la maman disparue ; un inconnu aussi prompt à dégainer, à ajuster un tir précis qu'habile à moudre les notes d'un petit air lancinant sur son harmonica ; un tueur aux yeux couleur d'acier, tout en longueur, froid et méthodique, qui répond au nom de Frank ; "Cheyenne", un outlaw moustachu, à la prunelle émouvante, philosophe à ses heures, un cœur tendre pour tout dire ; Jill, fille célèbre à la Nouvelle-Orléans, mais lasse des lupanars et désireuse de refaire sa vie dans l'Ouest, avec un brave homme de fermier ; enfin, puisqu'il faut nous en tenir aux principaux personnages, Morton, un constructeur de chemin de fer miné par une tuberculose osseuse et dénué de tout scrupule qui, nonobstant les obstacles, veut relier les côtes est et ouest, dans la course angoissante qu'il a engagée contre la mort, car il se sent condamné. Au fur et à mesure que progresse l'intrigue de ce très long film - et compte tenu des coupures qui n'en facilitent pas la lecture - les comportements des personnages reçoivent en temps opportun l'éclairage nécessaire, que ce soit, comme dans la plupart des cas, d'une manière directe, ou à l'aide d'un retour en arrière explicatif (l'harmonica de l'inconnu...).