Je suis passé sans m’attarder
à Je suis passé sans m’attarder Devant cette vie et ses magasins Ses trottoirs abondants, ses cris Et ses foutus virages… Je n’ai vu que toi, perdue Immobile, sans couleurs Dans ce film en noir et gris Où défilent indifféremment les enfants. J’ai traversé tant d’avenues Etroites, sans issues prononcées Mais toujours devant ces murs, Je n’ai trouvé que toi Le regard figé vers le passé. Une larme se dessine sur ta joue Et tombe sans moyen de l’arrêter. J’ai couru à travers tant de plaines Sans respirer ou tomber, Mais parmi la beauté des fleurs, Je n’ai reconnu que la tienne, Inconsolable, indésirable, Caressée par le vent et la pluie De plus en plus froide. Elle nous vient des grandeurs Où il reste gravé l’impitoyable Chemin parcouru si longtemps Dans un décor de souvenirs.